22.08. 07



Energie renouvelée

Les menus les plus appétissants ne mettent pas à l'abri de l'indigestion. Et les vents puissants qui ont propulsé les fabricants d'éoliennes vers les sommets ne suffiront pas à balayer les nuages qui s'annoncent. A priori tout va bien : les gouvernements du monde entier ne jurent que par l'énergie propre, les technologies sont au point et les subventions se déversent. Les derniers résultats du numéro un mondial, le danois Vestas, ne risquent pas non plus d'obscurcir cette météo avec un bénéfice multiplié par 5 et un chiffre d'affaires en hausse de 18,5 %. De quoi justifier aux yeux du marché une hausse de plus de 6 % d'un titre déjà très apprécié puisqu'il se paie cinquante fois ses bénéfices. Le prix est en rapport avec les niveaux stratosphériques accordés à l'éolien - quarante fois en moyenne -, mais il n'est pas justifié pour autant. Les aides financières publiques ne seront sans doute pas éternelles. Par ailleurs, ces moulins à vent version high-tech utilisent de nombreux composants ultrasophistiqués dont les délais de livraison peuvent atteindre quinze mois. Des goulets d'étranglement difficiles à gérer par des entreprises qui ne peuvent guère étaler leurs risques. L'intérêt que pourrait leur manifester des groupes à l'assise plus large tels Siemens ou General Electric est, donc, un autre de leurs attraits.

ENERGIE

La vogue de l'éolien fait s'envoler les profits de Vestas

Submergé de commandes, le fabricant danois d'éoliennes a confirmé ses prévisions de croissance sur l'ensemble de l'exercice. Au deuxième trimestre, il a engrangé cinq fois de plus de profit qu'un an auparavant.

Sur un nuage. Comme bon nombre d'acteurs de la filière, le premier fabricant mondial d'éoliennes, Vestas, continue de baigner dans une douce euphorie. Submergé de commandes, le groupe danois a publié hier des résultats semestriels en forte hausse, bien supérieurs aux attentes des analystes.

Dans un contexte extrêmement porteur, la surprise n'est pas que Vestas vende autant de turbines (à plus de 1,8 milliard d'euros, son chiffre d'affaires a progressé de 13 % sur les six premiers mois de l'année), mais qu'il parvienne à enchaîner les contrats sans cesser d'améliorer sa rentabilité. Entre avril et juin, le numéro un mondial de l'éolien a engrangé un profit de 51 millions d'euros, plus de cinq fois supérieur à celui dégagé l'an passé à la même époque. Sur l'ensemble du semestre, son résultat opérationnel s'est établi à 110 millions d'euros, contre 34 millions un an plus tôt.

Et ce n'est qu'un début ! Traditionnellement, Vestas réalise près de 60 % de son chiffre d'affaires sur la seconde partie de l'exercice. Son démarrage en fanfare lui permet d'aborder le second semestre en toute sérénité : le groupe a confirmé hier ses prévisions pour 2007. Il s'attend à un chiffre d'affaires de 4,5 milliards d'euros sur l'ensemble de l'année, contre 3,8 milliards en 2006, et prévoit entre 7 % et 9 % de marge opérationnelle, contre 5,2 % l'année dernière. Les prévisions pour l'an prochain sont elles aussi confirmées : en 2008, Vestas table sur une marge opérationnelle de 10 à 12 %, et pense accroître sa part de marché dans le monde, pour la porter de 28 % à 35 %.

Contretemps

Les investisseurs applaudissent des deux mains. A la Bourse de Copenhague, l'action Vestas s'est envolée hier de 5,26 %, à 340,5 couronnes danoises. Plus personne, apparemment, ne s'inquiète des risques de surchauffe qui guettent la filière éolienne. L'an passé, à la même date, il avait suffi que le groupe danois tire pour la première fois la sonnette d'alarme, en évoquant les tensions ressenties dans le secteur, pour que son action dévisse de près de 10 %... Rien de tel cette année. Pourtant, ces risques existent toujours. Comme l'a souligné hier le premier fabricant mondial d'éoliennes, les professionnels du secteur continuent de souffrir : pénurie d'équipements, sous-traitants sous pression, flambée des prix des matériaux utilisés (essentiellement le cuivre et l'acier)...

« La pression générale de la demande sur le secteur persiste, observe Vestas, et les délais pour obtenir des composants clefs continuent de s'allonger. » Dans certains cas, le groupe danois a dû attendre pendant quinze mois les composants dont il avait besoin pour construire de nouvelles turbines. Ces contretemps ont « ralenti la croissance », reconnaît Vestas, et ont empêché l'entreprise d'utiliser au mieux son outil de production. Si les craintes exprimées l'an passé semblent moins vives aujourd'hui, c'est qu'un certain nombre de sous-traitants et de fournisseurs ont pris conscience de la situation. Au cours des derniers mois, ils ont commencé à investir dans de nouvelles capacités de production, pour calmer la surchauffe. Il faudra faire encore mieux à l'avenir. Malgré les efforts fournis par les industriels du secteur, Vestas estime que les fabricants d'éoliennes auront du mal à suivre la demande pendant plusieurs années encore.

Les Echos 220807

 






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