Finistère; Châteaulin
Éoliennes : bras de fer entre le constructeur et l’un des exploitants
mercredi 23 octobre 2007

Châteaulin : Éoliennes : bras de fer entre le constructeur et l’un des exploitants
Le bel investissement qu’avaient fait conjointement Jacques Trellu et Émile Bihan, riche de promesses sonnantes et trébuchantes mais aussi particulièrement satisfaisant sur le plan intellectuel, est en train de tourner au vinaigre. Les huit éoliennes érigées sur les crêtes de Cast sont en train de pourrir la vie de quelques dizaines de riverains et la leur aussi...
Il y a un peu plus d’un an, les deux hommes investissaient quelque 22 M€ dans ces huit moulins à vent géants. Aujourd’hui, ils n’ont pas encore signé la réception du chantier, les machines n’étant pas conformes aux spécifications techniques du contrat de vente. En clair, pour l’instant, c’est le constructeur qui supporte les frais de travaux liés aux problèmes acoustiques. Sauf que vendredi, le constructeur a décidé d’arrêter trois éoliennes, engageant ainsi un bras de fer avec l’exploitant. Explications. Le constructeur et installateur des huit éoliennes est la branche française du groupe international Nordex. Mais ces huit machines sont, en fait, structurées en deux parcs indépendants. Les quatre machines situées sur la commune de Cast appartiennent à Jacques Trellu, via sa société JMA Energies, dont le siège est à Cast et les quatre autres (trois à Châteaulin, une à Plomodiern) à Émile Bihan, via Eole-énergies, basée à Plougastel-Daoulas. Ce sont trois de ces éoliennes que Nordex vient de stopper.
100.000 € de crédit mensuel
« Nordex veut ainsi essayer de me contraindre à signer un document dans lequel j’accepterai l’état actuel des éoliennes, alors que j’ai mandaté des experts internationaux, en juillet dernier, qui ont conclu que les machines n’étaient pas conformes au contrat qui nous lie, sur le point précis du niveau des émissions sonores », explique Émile Bihan, pour lequel cet arrêt constitue une perte sèche de production, alors qu’il a sur le dos « plus de 300.000 € de crédit-bail par trimestre ». « De plus, cette mise à l’arrêt forcé des éoliennes n’aura pas permis aux riverains de se rendre compte des effets positifs du bridage nocturne de l’éolienne du parc la plus proche des habitations, que j’ai ordonné dans l’attente de la mise en conformité par Nordex ». Dépité, Émile Bihan ne veut pas en rester là « et compte mettre tout en œuvre pour faire valoir ses droits ». Il y a quelques jours encore, c’étaient les riverains qui étaient à deux doigts de porter l’affaire devant la justice, avant que le préfet ne leur apporte -à point nommé- son pouvoir d’action. Entre deux sociétés privées, il y a peu de chances que le représentant de l’État mette son nez...
M.L.Q.








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