30 mai 2007
Eolien offshore : L’Allemagne va-t-elle renoncer ?
Des éoliennes en mer du nord, mais à Copenhague.
La RFA risque de ne jamais réaliser son ambitieux programme offshore
© Jacques Mucchielli/Naja
L’idée avait fait rêver le gouvernement allemand à la fin des années 90 :
des milliers d’éoliennes en mer du Nord,
loin des regards, pouvant couvrir écologiquement les besoins en électricité du pays à l’horizon 2020.
Les industriels disent vouloir renoncer faute de financement gouvernemental.

http://www.developpementdurablelejournal.fr/spip.php?article457&var_recherche=allemagne%20eolien

La participation financière du gouvernement allemand rédhibitoire


Les espoirs se sont envolés et aujourd’hui « plus personne ne se fait d’illusions sur ces réalisations » déclare Mathias Hochstätter, lobbyiste de l’association fédérale de l’énergie éolienne. Le programme lancé en Allemagne dans les années 90 sur l’éolien offshore a toutes les chances d’ être abandonné, les industriels jugeant les financements bien en dessous des besoins. Il faut se rappeler qu’à l’aube du XXIe siècle tous les experts en énergie, les entrepreneurs et les politiques avaient rêvé de cette source d’énergie propre et intarissable devant être produite par des milliers d’éoliennes plantées en mer du Nord et en mer Baltique. Avec l’aide de la puissance et de la constance du vent maritime, elles auraient permis à l’Allemagne de produire suffisamment d’électricité pour mettre fin à ses importations, tout en éradiquant les arguments d’enlaidissement des paysages et de nuisance sonore souvent imputés à ces « asperges géantes » comme les surnomment les Allemands. Les autorités compétentes ont délivré des permis de construire sur 24 sites de la mer du Nord et 8 sur la mer Baltique, mais il risque de rester sans suite.

Des projets solides pourtant prêts

Le parc éolien de Borkum, (une île en mer du Nord), avait été choisi comme site pilote en vue de tester la fiabilité de l’énergie éolienne en haute mer. La responsabilité du projet devait être supportée en partenariat par la fondation « offshore Windernergie », les partenaires ministériels concernés, les grands groupes énergétiques ainsi que les entreprises de construction d’éoliennes. Aujourd’hui, rien de concret n’a encore vu le jour. Pire sans doute, sur le site Internet de la fondation la page « activités » est vide, ce qui dénote de l’état de la branche offshore en Allemagne. Les tiroirs de l’entreprise de développement et de financement de parcs éoliens, (WDP), regorgent de projets, comme celui de bâtir un parc en mer Baltique de 299 turbines d’une puissance égale à 1500 Mégawatts, ce qui en aurait fait le plus grand parc offshore du monde.

La participation financière du gouvernement allemand rédhibitoire

Pour les investisseurs, l’aide que propose le gouvernement fédéral allemand n’est pas suffisante. Alors qu’en France et au Royaume Uni le kilowatt heure de l’énergie éolienne est doté d’une subvention de 13 centimes, (14 à 16 pour les Pays-Bas), assortie d’avantages fiscaux, l’Allemagne ne propose que 9 centimes sans autre aide complémentaire. Parallèlement, les exigences allemandes en matière de protection de la nature imposent que les éoliennes soient suffisamment loin des côtes de manière à ce qu’on ne les voit pas. Autant de contraintes qui ramènent les coûts de construction d’une éolienne en haute mer à 10 millions d’euros, le double de ce que la même installation coûte à l’intérieur du pays. E.ON, le plus grand groupe énergétique allemand se trouve déjà impliqué dans des projets de constructions en mer dans d’autres pays européens et ne franchira le pas dans son propre pays que si le gouvernement fédéral modifie le taux de rémunération de l’électricité produite en mer. Ce n’est qu’à ce prix que le rêve éolien allemand pourra se réaliser.

 

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