AREVA

LA BULLE FINANCIERE EOLIENNE
        11 avril 2007

Le duel Suzlon-Areva fait flamber l'éolienFRÉDÉRIC DE MONICAULT. Publié le 11 avril 2007Actualisé le 11 avril 2007 : 12h03

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LE FORT engouement pour l'éolien n'est pas un vain mot. Dans la bataille que se livrent le français Areva, leader mondial du nucléaire, et l'indien Suzlon, un nouvel épisode est venu l'illustrer hier : le second ayant relevé son offre d'achat sur le constructeur allemand de turbines pour éoliennes REpower. Cette fois, Suzlon propose 150 euros par titre REpower (valorisé environ 1,23 milliard d'euros), contre 126 auparavant, et contre surtout les 140 euros proposés précédemment par Areva.
Comment va réagir ce dernier ? Les ambitions affichées dans l'éolien par le groupe français laissent penser qu'il a les moyens de surenchérir. À ceci près que Bercy est plus dubitatif sur le bien-fondé de cette offensive. Déjà, au tour précédent, Areva avait eu besoin du soutien de l'Élysée pour surenchérir. Hier, alors que les actionnaires de REpower ont jusqu'au 20 avril pour se prononcer, le groupe nucléaire faisait simplement savoir qu'il allait étudier cette nouvelle contre-offre.
En attendant, le duel entre Areva et Suzlon contribue un peu plus à la flambée de l'éolien en Bourse. Au cours actuel, cette proie est valorisée 100 fois le résultat d'exploitation 2006. Mais REpower ne constitue pas un cas isolé. Son principal concurrent, l'espagnol Gamesa, 6,7 milliards d'euros de capitalisation boursière, a vu son titre bondir de plus de 90 % depuis le début de l'année. Du côté des opérateurs de parcs éoliens, on n'est pas en reste non plus. Le français Theolia, qui a accueilli General Electric à son capital en février, a gagné plus de 145 % depuis le 1er janvier. Quant à EDF Énergies Nouvelles, filiale à 50 % d'EDF, le titre a pris plus de 50 % depuis l'automne.


Bulle financière


À l'arrivée, ces valorisations donnent le vertige (plus de 560 millions d'euros pour Theolia, 2,8 milliards pour EDF Énergies nouvelles) pour un secteur industriel encore considéré comme mineur voici peu. Elles entretiennent aussi fatalement le concept de bulle spéculative, au même titre que les valeurs technologiques à la fin des années 1990.
Dans le cas de l'éolien, les analystes rappellent aussitôt l'importance des prix subventionnés de l'électricité verte. Sous-entendu : le kilowattheure éolien majoré par l'État assure la rentabilité des exploitants de parcs éoliens. Autre signe porteur pour le secteur : « la capacité installée de l'éolien va continuer à croître dans des proportions considérables », note un spécialiste du secteur. Avec en toile de fond l'objectif fixé par les États membres de l'Union européenne de porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie d'ici à 2020. À titre d'exemple, alors que la capacité d'EDF Énergies Nouvelles atteignait 1 037 MW à la fin de l'année dernière, contre 830 un an auparavant, la société vise 3 000 MW à la fin 2011.
« L'éolien a d'autant plus le vent en poupe qu'il se développe aussi beaucoup sur le plan politique », ajoute Lionel Taccoen, ancien président du comité consultatif de l'énergie européen. À l'heure de la lutte contre le réchauffement climatique, plus aucun grand opérateur ne peut se permettre de l'ignorer. « D'ailleurs, pour Areva, l'acquisition de REpower fait véritablement figure d'enjeu stratégique », constate Patrice Lambert-de Diesbach, directeur de la recherche chez CM-CIC Securities.


Un enjeu qui, pour le groupe nucléaire, consiste à marier deux sources d'énergie ne produisant pas de CO2.


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