électricité
La méga-panne
Un réseau européen trop fragile ?

Dimanche 05 novembre 2006

http://tf1.lci.fr/infos/economie/consommation/0,,3350480,00-reseau-europeen-trop-fragile-.html

La panne de courant qui a touché samedi une partie de l'Europe est la plus étendue qu'ait connue le continent européen.Elle illustre la fragilité des réseaux confrontés à une hausse croissante de la consommation d'électricité.
Franck LEFEBVRE - le 05/11/2006 - 11h35

Le scénario de la vaste panne électrique qui a touché samedi soir plusieurs pays européens est désormais classique de l'effet "château de cartes" que peuvent connaître les grands réseaux électriques interconnectés. L'électricité est une forme d'énergie qui ne peut être stockée : elle doit donc être produite en temps réel. Et la production doit s'adapter à tout moment à la consommation. En temps normal déjà, les pays européens se fournissent mutuellement de l'électricité en fonction des besoins. En cas de pic brutal de la demande électrique (chute des températures, par exemple), il peut donc y avoir risque de défaillance. C'est alors l'ensemble du réseau régional, voire national, et parfois même les réseaux des pays voisins qui devront supporter la surchauffe.

D'autres régions du monde avant l'Europe ont déjà connu de vastes pannes, touchant des millions de personnes et paralysant l'activité économique : les Etats-Unis (autour de Los Angeles, ou encore dans le Nord-Est du continent, entre Etats-Unis et Canada), le Japon, Moscou... A chaque fois, les spécialistes ont dénoncé la fragilité de réseaux trop facilement poussés à saturation en cas de pic de consommation. En Europe aussi, de telles pannes se sont déjà produites : en Italie par exemple, en 2003. Mais le continent européen, où tous les réseaux nationaux sont très étroitement interdépendants, se croyait à l'abri de pannes d'une ampleur comparable à celle de samedi.

La hantise : l'effondrement général du réseau

Car il existe aussi des systèmes de "coupe-circuit" pour éviter l'effondrement général du réseau. Si dans un premier temps, une "surchauffe" locale se propage comme une tache d'huile, à partir du moment où l'ensemble du système ne peut plus suivre, il est possible de pratiquer des délestages - des coupures locales et maîtrisées, qui peuvent être automatiques. C'est ce qui s'était produit par exemple lors des tempêtes de décembre 1999. Devant la mise hors service de nombreuses lignes électriques importantes, des régions entières avaient été plongées dans le noir, parfois pendant des semaines. Mais le réseau ne s'était pas effondré, la panne était restée jugulée, la production électrique avait été contrôlée et avait pu se poursuivre. A l'opposé, c'est à cause du retard de telles coupures préventives que des régions entières de l'Italie s'étaient retrouvées dans le noir en 2003.

C'est ce qui s'est passé encore samedi soir (le pire a été évité et le courant rapidement rétabli), mais à une échelle inédite et qui montre le côté périlleux de l'exercice... Jusqu'alors, la France, qui exporte un peu moins de 15% de sa production électrique, pouvait croire son réseau national suffisamment solide et n'envisageait pas de pannes à une telle échelle, même si RTE reconnaissait que "le risque zéro n'existe pas". L'une des pires pannes connues par le pays remontait à décembre 1978 : la défaillance d'un câble électrique à très haute tension (400.000 volts) reliant Nancy à Troyes avait provoqué la chute de l'ensemble du réseau reliant Paris à l'est du pays. Mais depuis, le réseau de transport d'électricité avait été étendu. Et chaque année, le transporteur d'électricité RTE investit 600 millions d'euros pour améliorer le réseau.

Cette grande panne illustre le fait que la sécurité électrique en Europe s'est dégradée depuis plusieurs années à mesure que la consommation augmentait et que les investissements de production d'électricité ne suivaient pas. Régulièrement, pendant les périodes de froid intense ou de grosse chaleur, l'approvisionnement en électricité est menacé dans différents pays européens, forçant les fournisseurs à prendre des mesures exceptionnelles. Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a d'ailleurs déploré dimanche l'absence d'une "autorité commune européenne" en matière d'électricité.


 

 

 

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