|
Énergie éolienne Des MRC contre le privé
La commission de protection montre les dents Audio et VidéoP
Dans le dossier éolien, des municipalités estiment que les
redevances versées par le secteur privé sont insuffisantes.
Elles se mobilisent donc pour toucher une part de gâteau plus généreuse.
La municipalité régionale de comté (MRC) des Basques
a adopté un règlement pour interdire l'implantation d'éoliennes
du secteur privé. Elle a également proposé un projet
communautaire de 100 mégawatts qui, s'il est accepté par
Hydro-Québec, générera 3 millions de dollars de revenus
annuels, plutôt que les 100 000 $ de redevances que touche le village
de Baie-des-Sables.
La MRC de Témiscouata a décidé pour sa part de s'allier
à l'entreprise Boralex et de proposer un projet conjoint. Elle
craint toutefois qu'il ne soit déjà trop tard.
Hydro-Québec a déjà reçu deux projets du secteur
privé pour cette MRC. Ceci veut donc dire que « ma MRC perdra
son gisement » si le privé est choisi, déplore le
préfet Serge Fortin.
M. Fortin se promet d'ailleurs de manifester bruyamment et physiquement
son mécontentement, si les soumissions privées sont choisies.
« Je vais me mettre devant les bulldozers », confie-t-il.
« Il va falloir qu'ils passent sur moi ».
Ce ton alarmiste n'est pas unique. C'est pourquoi la Fédération
québécoise des municipalités mettra bientôt
en place un organisme de financement pour les projets communautaires.
Son président, Bernard Généreux, reprend d'ailleurs
le leitmotiv de plusieurs responsables régionaux en disant que
« les retombées locales des premières propositions
sont nettement en-dessous des attentes ».
|
|
Agriculture et développement
éolien
La Commission de protection montre les dents
La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ),
recommande le retrait d'une quarantaine de sites retenus par Northland
Power pour ériger un parc éolien dans les municipalités
de Saint-Ulric et Saint-Léandre.
Selon le rapport d'orientation préliminaire de la Commission, publié
la semaine dernière, les éoliennes prévues sur ces
sites devraient être déplacées en raison de leurs
impacts sur les activités agricoles.
La CPTAQ estime que ces emplacements sont situés dans des érablières
ou sur des terres utilisées intensivement pour l'agriculture. Une
dizaine de ces sites appartiennent à des élus municipaux.
Le maire de Saint-Léandre, le maire et un conseiller municipal
de Saint-Ulric pourraient ainsi perdre les redevances associées
à l'utilisation de ces terrains par Northland Power. Neuf éoliennes
devaient s'élever sur les terres du maire de Saint-Léandre,
Roger Bernier.
La CPTAQ considère que la vocation de cinq de ces sites devrait
être exclusivement agricole. Pour le maire Bernier, il s'agirait
d'une perte de revenus anticipés d'environ 10 000 $ par année.
Même chose pour le maire de Saint-Ulric, Serge Gendron, propriétaire
du site où Northland projette de construire le poste de branchement
des éoliennes au réseau de transport d'Hydro-Québec.
La CPTAQ ne souhaite pas que ce site soit utilisé à cette
fin. Le maire Gendron perdrait également un revenu estimé
à 10 000 $ par année.
Northland Power prévoit l'installation de sept éoliennes
sur les terres du conseiller municipal de Saint-Ulric, Mario Ratté,
mais quatre emplacements pourraient être exclus. Les maires ont
refusé de commenter.
Toutefois, le conseiller Mario Ratté soutient qu'il a abandonné
l'agriculture intensive, il y a quelques années. Il indique qu'il
n'a conservé que quelques animaux pour ses besoins personnels et
cultive un peu de foin et de grain. Il croit que des éoliennes
sur ses terres n'entraveraient aucunement le genre de culture qu'il pratique.
En attendant, Northland Power demande aux agriculteurs de Saint-Ulric
et de Saint-Léandre de renoncer au délai de 30 jours prévus
par la loi pour réagir au document de la Commission.
L'entreprise entend demander la tenue d'audiences publiques pour démontrer
le bien-fondé de ses choix et souhaite agir rapidement. Northland
avait prévu entreprendre ses travaux de déboisement d'ici
quelques semaines.
|