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CANADA: QUEBEC
EOLIEN: SCANDALE AU QUEBEC
LES VENDUS DU VENT
Des maires canadiens auraient confondus leurs propres intérêts
et ceux de la communauté
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Développement éolien
Des maires dans le vent
Dans le dossier éolien, une enquête menée
par Radio-Canada révèle que des maires du Bas-Saint-Laurent,
favorables à l'implantation de parcs éoliens dans leur municipalité,
retirent personnellement des bénéfices de ces projets.
Notre reporter Pierre Duchesne a découvert qu'au moins trois maires
ont ou vont recevoir des redevances pour des éoliennes plantées
sur leurs terrains.
Le maire de Baie-des-Sables, Jacques Couillard, a toujours été
très favorable au projet de parc éolien situé dans
sa municipalité. Il a même participé à une
campagne de publicité parrainée par Hydro-Québec
pour vanter les mérites du projet de Cartier énergie.
Ce que le maire n'a cependant pas déclaré publiquement,
c'est qu'il profitait personnellement de ce projet. Trois éoliennes
ont été identifiées par Radio-Canada sur les terres
de Jacques Couillard.
Jacques Couillard, maire de Baie-des-Sables
« J'ai mis mes terres à la disposition du promoteur comme
les autres propriétaires terriens de Baie-des-Sables. Ç'a
donné que, oups, il y avait des éoliennes chez nous. Il
aurait pu ne pas y en avoir. Mon voisin a la même grandeur puis
il n'en a pas. Pourquoi? Je ne sais pas », affirme le maire de Baie-des-Sables,
Jacques Couillard.
Pour ses trois éoliennes, Jacques Couillard a signé un
contrat avec la compagnie Cartier énergie. Il recevra, sur 20 ans,
près de 125 000 $.Celui qui a négocié avec la compagnie
le montant des redevances pour sa municipalité reçoit aussi
de l'argent à titre de propriétaire terrien. Le maire n'y
voit pas de conflit d'intérêts.
D'autres maires sont dans une situation semblable. C'est le cas de Sylvain
Dupont, maire de Les Hauteurs, qui appuie le projet de parc éolien
promu par Kruger. Fermier, le maire a une tour de mesure de vents de Kruger
sur sa terre. Radio-Canada a appris que cette tour va lui rapporter au
moins 15 000 $ pour trois ans.
Si des éoliennes sont installées sur ses terres, un contrat
de 20 ans pourrait lui rapporter plusieurs centaines de milliers de dollars.
Lors des audiences du BAPE sur un autre projet, celui de Northland à
Saint-Léandre et Saint-Ulric, Roger Bernier, le maire de Saint-Léandre,
s'est exprimé: « Parce que des fois on entend qu'il y a des
conflits d'intérêts. Moi, je ne suis pas en conflit d'intérêts.
D'ailleurs à ce jour, je n'ai signé avec personne. Je leur
ai fait des conditions, mais ils ont dit que j'étais trop "sarf".
Mais je suis chez nous. Je ne dis pas que je ne signerai jamais. S'ils
viennent à mes conditions. S'ils ne viennent pas, ils vont rester
chez eux ».
Roger Bernier, maire de Saint-Léandre
Depuis, il semble que la compagnie Northland se soit rendue aux conditions
du maire puisque neuf éoliennes seront installées sur ses
terres. Roger Bernier n'y voit aucun conflit d'intérêts et
affirme être bien placé pour défendre sa municipalité.
« Aujourd'hui, je suis capable d'aller la défendre encore
parce que je suis capable de m'asseoir sur la chaise pour la municipalité,
puis je suis capable de m'asseoir sur la chaise pour mes affaires personnelles.
Ça, je n'ai pas de misère avec ça », affirme
M. Bernier. Le maire touchera de Northland, 300 000 $ sur 20 ans.À
Baie-des-Sables et aux alentours, c'est environ 370 éoliennes qui
devraient pousser dans le paysage. Il s'agit d'une concentration record
au pays de deux éoliennes au kilomètre carré.
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Énergie éolienne
Une enquête en vue
Des maires dans le vent
La suite de l'enquête de Pierre Duchesne
23 novembre 2006
Un reportage de Radio-Canada révélait mercredi que quatre
maires de l'est du Québec favorables à l'implantation
de l'énergie éolienne dans leur municipalité en
tireraient en même temps des bénéfices personnels
parce qu'on installerait quelques pales sur leurs terres.Les réactions
à ce reportage n'ont pas tardé. La ministre des Affaires
municipales, Nathalie Normandeau, n'écarte pas la possibilité
d'une enquête.
« Si un membre d'un conseil municipal a un intérêt
dans un dossier, il a l'obligation de divulguer cet intérêt
aux membres du conseil municipal. Telles sont les dispositions de la
loi », a-t-elle conclu.
Notre journaliste Pierre Duchesne a découvert jeudi qu'un cinquième
maire pourrait être impliqué dans une affaire de conflits
d'intérêts. Le maire de St-Arsène, Gaétan
Michaud, a toujours affirmé qu'il ne siégeait pas et ne
votait pas lors des réunions du conseil municipal concernant
le dossier éolien.
Or, vérification faite, le maire Michaud a voté le 6 novembre
dernier. Il a utilisé son droit de veto pour annuler une résolution
qui mentionnait des possibles conflits d'intérêts reliés
aux éoliennes.
En outre, la compagnie Sky Power, qui veut investir 200 millions dans
la région pour développer son parc d'éoliennes,
a installé un bureau dans l'édifice de la mairie de St-Arsène.
Le maire d'Amqui, Gaëtan Ruest
Certains s'indignent de toutes ces révélations. Le maire
d'Amqui, Gaëtan Ruest, dénonce l'élasticité
de la conscience des représentants montrés du doigt. «
Les gens représentés par des personnes comme ça
devraient se réveiller et leur demander de démissionner
».L'ancienne députée bloquiste de la circonscription
de Rimouski, Suzanne Tremblay, s'émeut de leur « manque
d'éthique ». S'ils ont des terres convoitées
par les promoteurs, « que ce soit transparent et limpide. Si c'est
camouflé, ils devraient démissionner au nom de l'éthique
».
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Reportage de radiocanada du 22 novembre 2006
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/regional/modele.asp?page=/regions/est-quebec/2006/11/22/010-maires-redevances-eolien.asp
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Développement éolien
Des maires dans le vent
Dans le dossier éolien, une enquête menée par Radio-Canada
révèle que des maires du Bas-Saint-Laurent, favorables
à l'implantation de parcs éoliens dans leur municipalité,
retirent personnellement des bénéfices de ces projets.
Notre reporter Pierre Duchesne a découvert qu'au moins trois maires
ont ou vont recevoir des redevances pour des éoliennes plantées
sur leurs terrains.
Le maire de Baie-des-Sables, Jacques Couillard, a toujours été
très favorable au projet de parc éolien situé dans
sa municipalité. Il a même participé à une
campagne de publicité parrainée par Hydro-Québec
pour vanter les mérites du projet de Cartier énergie.
Ce que le maire n'a cependant pas déclaré publiquement,
c'est qu'il profitait personnellement de ce projet. Trois éoliennes
ont été identifiées par Radio-Canada sur les terres
de Jacques Couillard.
Jacques Couillard, maire de Baie-des-Sables
« J'ai mis mes terres à la disposition du promoteur comme
les autres propriétaires terriens de Baie-des-Sables. Ç'a
donné que, oups, il y avait des éoliennes chez nous. Il
aurait pu ne pas y en avoir. Mon voisin a la même grandeur puis
il n'en a pas. Pourquoi? Je ne sais pas », affirme le maire de Baie-des-Sables,
Jacques Couillard.
Pour ses trois éoliennes, Jacques Couillard a signé un
contrat avec la compagnie Cartier énergie. Il recevra, sur 20 ans,
près de 125 000 $.Celui qui a négocié avec la compagnie
le montant des redevances pour sa municipalité reçoit aussi
de l'argent à titre de propriétaire terrien. Le maire n'y
voit pas de conflit d'intérêts.
D'autres maires sont dans une situation semblable. C'est le cas de Sylvain
Dupont, maire de Les Hauteurs, qui appuie le projet de parc éolien
promu par Kruger. Fermier, le maire a une tour de mesure de vents de Kruger
sur sa terre. Radio-Canada a appris que cette tour va lui rapporter au
moins 15 000 $ pour trois ans.
Si des éoliennes sont installées sur ses terres, un contrat
de 20 ans pourrait lui rapporter plusieurs centaines de milliers de dollars.
Lors des audiences du BAPE sur un autre projet, celui de Northland à
Saint-Léandre et Saint-Ulric, Roger Bernier, le maire de Saint-Léandre,
s'est exprimé: « Parce que des fois on entend qu'il y a des
conflits d'intérêts. Moi, je ne suis pas en conflit d'intérêts.
D'ailleurs à ce jour, je n'ai signé avec personne. Je leur
ai fait des conditions, mais ils ont dit que j'étais trop "sarf".
Mais je suis chez nous. Je ne dis pas que je ne signerai jamais. S'ils
viennent à mes conditions. S'ils ne viennent pas, ils vont rester
chez eux ».
Roger Bernier, maire de Saint-Léandre
Depuis, il semble que la compagnie Northland se soit rendue aux conditions
du maire puisque neuf éoliennes seront installées sur ses
terres. Roger Bernier n'y voit aucun conflit d'intérêts et
affirme être bien placé pour défendre sa municipalité.
« Aujourd'hui, je suis capable d'aller la défendre encore
parce que je suis capable de m'asseoir sur la chaise pour la municipalité,
puis je suis capable de m'asseoir sur la chaise pour mes affaires personnelles.
Ça, je n'ai pas de misère avec ça », affirme
M. Bernier. Le maire touchera de Northland, 300 000 $ sur 20 ans.À
Baie-des-Sables et aux alentours, c'est environ 370 éoliennes qui
devraient pousser dans le paysage. Il s'agit d'une concentration record
au pays de deux éoliennes au kilomètre carré.
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