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éoliennes de Cap-Chat Gaspérie
22/11/06
Paysages transformés en pelotes d'épingles?

Le choix difficile entre éoliennes et paysages!
http://www.cyberpresse.ca/article/20061205/CPSOLEIL/61204144/5287/CPOPINIONS

Gérald Tremblay Poète et écrivain L'auteur* enseigne dans la région de Matane
La filière éolienne suscite, en Gaspésie, de grands espoirs pour l’économie, une région considérée comme une des plus pauvres au Canada. Mais, à la lumière des protocoles d’entente signés par les municipalités et devant l’ampleur des revenus qui seront récoltés par les promoteurs, nous sommes en droit de nous interroger sur les véritables enjeux que provoquent nos gisements de vent, les plus productifs au pays.
Nous sommes aujourd’hui confrontés à des choix difficiles. Comment associer le développement économique de la filière éolienne à l’importance de la qualité des paysages humanisés (1), joyaux d’une industrie touristique tout aussi importante dans la péninsule gaspésienne. Depuis l’implantation du premier parc à Saint-Léandre et Saint-Ulric, j’ai toujours défendu l’éolien — et je le défends encore — comme facteur de production d’une énergie verte propice à l’éloignement du spectre des émissions de CO2. Ce parc de 57 éoliennes est d’ailleurs reconnu «comme un bel exemple de mise en valeur du paysage dans lequel il s’inscrit en soulignant les lignes de lots.» (François Tremblay, UNESCO).
Mais les résidants qui subissent le bruit constant de ces machines en ont une toute autre opinion. Le projet de Northland Power d’ajouter 100 éoliennes de plus sur ce territoire met en évidence les limites et la saturation d’un paysage, même intégré. Les promoteurs ne s’arrêteront pas à ce chiffre, puisque d’autres projets sont en marche vers l’intérieur des terres sous mes yeux (Saint-Léandre, Sainte Paule, la Vallée de la Matapédia, Saint-Damase s’ajoutant à Baie-des-Sables) et l’effet «cumulatif» fait frémir.

Paysages transformés en pelotes d'épingles?

La notion de protection du paysage semble futile à ceux qui ont des décisions économiques à prendre dans l’urgence. Qui penserait installer un parc d’éoliennes géantes dans l’archipel de Mingan ou sur la pointe de Forillon? Ces sites, à hautes fréquentations touristiques, ont été désignés arrondissements naturels en vertu de la loi sur les biens culturels. «Ce faisant, on reconnaissait que ces territoires présentent une harmonie naturelle et ont un intérêt esthétique, légendaire ou pittoresque» (Jean-François Gravel) . Et qu’en est-il des lieux comme Mont-Louis, l’Estran, L’Anse-à-Valleau, Gaspé, Carleton? Peut-on imaginer pire scénario que la Péninsule transformée en «pelote d’épingles»?
Je suis né en Gaspésie et mes voyages, ainsi que mes recherches sur son histoire en tant qu’écrivain, m’ont conduit vers une admiration sans bornes pour la beauté de ses paysages, ses lieux chargés de légendes où des hommes et des femmes ont vécu pour témoigner de leur attachement. Le magazine Gaspésie (vol. 43, été 2006) consacré aux photographes qui ont œuvré de 1833 à aujourd’hui m’a conduit vers la réflexion suivante : ce documentaire sera le dernier qui témoignera de l’intégrité de nos paysages.
Un moratoire pour éviter l'anarchie
Comment se fait-il que si peu d’intervenants, de décideurs, d’écrivains, d’artistes et d’intellectuels ne se lèvent afin de porter le discours en haut-lieu et demander un moratoire sur l’implantation anarchique de méga-parcs d’éoliennes en Gaspésie? Allons-nous laisser encore une fois le vent des autres emporter nos rêves de gouvernance économique? Pourtant les audiences publiques du Bape, où un nombre record de citoyens se sont exprimés, ont sonné de nombreuses fois l’alarme.
Les promoteurs ont l’habileté de faire signer des contrats qui s’étendent sur 50 ans avant les consultations populaires. Pouvons-nous imaginer le rachat de notre territoire gaspésien dans quelques années par ces compagnies ontariennes et albertaines dont les ramifications sont connectées aux spéculations pétrolières?
En conclusion, laissez-moi vous proposer un scénario d’anticipation que vous pourrez explorer dans un exercice de création littéraire : en l’an 2056, un consortium de six compagnies spécialisées dans l’éolien et le pétrole, dont le chiffre d’affaire atteint les billions de $, réussit à acheter suffisamment de terres pour devenir les maîtres incontestés de la Gaspésie. À vos plumes citoyens!


(1) En juin 2005, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a accordé à L’Estran la reconnaissance de premier projet pilote au Québec en matière de paysage humanisé. L’Estran est situé sur le versant nord de la Gaspésie et compte 4 villages : Rivière-Madeleine, Grande-Vallée, Petite-Vallée, et Cloridorme.

*L'auteur opère également un gîte touristique à Saint-Léandre de Matane


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