03.08.08


L'éolien est sur la sellette
Un pays au bord de la panne d'électricité ?

La saturation des lignes à haute tension menace l'Allemagne
de coupures de courant électrique.

En cause, la production instable de l'énergie éolienne.

lire l'artice dans le journal des DernièreNouvelles d'Alasce
http://www.dna.fr/monde/20080803_DNA002849.html


Monde
L'éolien est sur la sellette

Un pays au bord de la panne d'électricité ?
La saturation des lignes à haute tension menace l'Allemagne de coupures de courant électrique. En cause, la production instable de l'énergie éolienne.
Les situations d'urgence sont fréquentes. L'accusé n° 1 est l'énergie éolienne, en plein essor, mais avec une production très instable. « Les jours de calme plat, peu de courant sort. Les jours de grand vent, de très grosses quantités arrivent d'un coup sur le réseau », souligne Rudolf Kreutzer, expert auprès du centre d'étude des risques de l'assureur Allianz (AZT).
Conséquence : des centrales traditionnelles doivent être ralenties pour éviter que les lignes à haute tension ne surchauffent.
Par ailleurs, les éoliennes sont situées majoritairement sur les côtes du nord de l'Allemagne tandis que leur production doit être acheminée dans tout le pays. Or les réseaux n'ont pas été conçus pour de si longues distances car le principe de départ était que l'électricité était consommée là où elle était produite.
Ce principe est depuis longtemps en désuétude : le transport d'électricité se fait à l'échelle européenne -non sans incidents. Le 28 septembre 2003, l'Italie continentale fut plongée dans le noir après un accident en Suisse.
En novembre 2006, une panne sur deux lignes à haute tension allemandes a failli mener l'Europe au black out.

On étudie l'hypothèse de
l'électricité faite maison


Selon Rudolf Kreutzer, la responsabilité des entreprises est aussi engagée parce qu'elles n'ont guère investi depuis la libéralisation du marché allemand, dans les années 1990. A l'époque, l'électricité était abondante et bon marché. Pour être plus rentables, les producteurs ont fermé des centrales et délaissé les réseaux.
Depuis, les prix ont flambé, la demande aussi. Pourtant, le quatuor qui tient entre ses mains la production d'électricité et son transport (EON, RWE, EnBW et Vattenfall) rechigne à puiser dans ses caisses pour développer des réseaux qu'il pourrait ensuite perdre. EON et consorts craignent que la Commission européenne ne les force à s'en séparer, au nom de la concurrence.
A cela s'ajoutent les résistances locales à la construction de lignes et « un processus bureaucratique vraiment interminable », selon l'expert d'AZT.
Mais la prise de conscience est en marche : pour éviter à la fois de saturer les réseaux et de subir des pénuries, on étudie l'hypothèse de l'électricité faite maison. « Il n'y a pas si longtemps, les industriels avaient leurs propres centrales électriques, qu'ils ont vendues au nom du profit. Mais cela pourrait revenir à la mode », souligne ainsi Rudolf Kreutzer.







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